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La politique : ça vaut encore le coup?

Voici le compte rendu de la conférence "la politique, ça vaut encore le coup?" organisée le 19 octobre 2011 par La politique, une bonne nouvelle et les Semaines Sociales de France. Ce compte rendu a été réalisé par un étudiant de CGE.

Apéro PBN-SSF/ « Spécial Démocratie »/ En route vers les présidentielles - 19/10/2011 – Paris

« La politique, ça vaut encore le coup ? »
Avec Jean-Christophe Fromentin, Maire de Neuilly sur Seine

Cette conférence fait partie d’un cycle de conférences organisé par La Politique, une bonne nouvelle jusqu’aux élections présidentielles. La conférence du 19/10/2011 était en partenariat avec les Semaines Sociales de France. La première partie de la soirée était un « état des lieux de la démocratie » par Guillaume Légaut, responsable du groupe de préparation de la session des Semaines Sociales 2011 « La démocratie une idée neuve ». Il s’en suivit des ateliers thématiques sur l’engagement en politique des jeunes, la confiance dans les politiques et la représentativité. Puis Jean-Christophe Fromentin prit la parole pour expliquer son entrée dans la vie politique et son accession à la mairie de  Neuilly-sur-Seine.


Etat des lieux de la démocratie par Guillaume Legaut.

Guillaume Legaut est délégué général du CEGES (Groupement des entreprises, organisations et employeurs de l'économie sociale) et ancien président des Guides et Scouts de France.

Il s’interroge sur la manière dont l’économie peut s’articuler avec la démocratie. La démocratie a apporté beaucoup de progrès à notre société : justice sociale, croissance économique… Mais aujourd’hui il y a une crise de la démocratie. Malgré ces problèmes il ne faut pas oublier quelles sont les forces de la démocratie.

Dans un premier temps il relève 3 enjeux :

  • Nous vivons dans une société de l’immédiateté. La politique a une mission particulière qui demande une vision à long terme. Ceci crée un paradoxe dans nos sociétés.
  • Il se creuse un fossé entre ceux qui exercent le pouvoir et ceux pour qui il est exercé. Les questions à gérer par le pouvoir politique sont de plus en plus complexes avec une médiatisation très forte. Une grande masse des électeurs ont l’impression de ne pas être acteur et que seule une « oligarchie politique » agit.
  • On note un effondrement des solidarités. Les corps intermédiaires sont en train de se déliter et font la place à de petits groupes d’intérêts capables d’influencer fortement les politiques.

Il existe des solutions qui émergent face à cette crise. Plusieurs métamorphoses ont lieu :

  • On voit apparaitre de nouvelles formes de participation. Des organisations se constituent au niveau local pour des enjeux locaux ou plus globaux à l’initiative de simples citoyens. Certaines transformations de notre société en sont le fruit (commerce équitable, AMAP…). Des préférences collectives s’affirment dans notre société alors même que les politiques au pouvoir n’arrivent pas à mettre en place de telles pratiques comme le développement durable par exemple.
  • Les grandes agglomérations jouent un rôle très important. Par exemple certaines agglomérations ont permis le développement de nouvelles technologies en lien avec l’ONU. Cela remet en cause l’Etat Nation pilier du système démocratique. Le jeu des acteurs institutionnels se complexifie entre les instances internationales (ONU, G20…), continentales (UE)…
  • On se questionne sur ce qu'est la raison politique et à partir de quoi doit-on faire des choix en politique. Par exemple la mise en place des AMAP dépasse la simple rationalité économique. Il y a une prise en compte de la gratuité, de la valeur des relations entre les personnes. Un autre exemple est la réflexion sur la dépendance qui a lieu à l’assemblée nationale sur la question du financement des maisons de retraite. La question du bien-être et du contact avec la famille perpétué le plus longtemps possible est très présente. On se dit que c’est important pour notre société et qu’il ne serait pas inutile de décharger certaines personnes d’une partie de leur travail pour qu’elles puissent accompagner un de leurs proches parents en fin de vie.

Nous avons maintenant au moins 3 chantiers devant nous :

  • Il y a un enjeu autour du fait de réapprendre à faire des choix ensemble et pour reconstruire des modes de délibérations collectives. La politique c’est faire des choix entre des possibles. Aujourd’hui on veut trop décider et pas assez délibérer. Or ce temps de la délibération est fondamental. Il nous faut apprendre à comprendre, entendre et faire une place au point de vue de l’autre.
  • Le monde est devenu dur à appréhender car de plus en plus complexe. La société est pénétrée par de nombreux courants culturels. La diversité dans la société est bien présente mais il y a une sorte d’unité à vivre ensemble. Cette diversité doit nous permettre de construire un « commun » à partager. Ce « commun » doit être le fruit de cette diversité. Il faut se diriger vers des relations d’alliance pour construire plutôt que des relations contractuelles. Mais attention il ne faut pas prendre le minimum commun mais tirer le maximum de la diversité pour construire quelque chose de collectif.
  • La justice sociale est le dernier chantier présenté. Nous pensons trop souvent à partir d’un principe d’égalité un peu primaire. Le mythe de l’égalité de droit ne suffit pas à établir une justice pour tous. Être égaux en droit n’équivaut pas à être égaux pour avoir la possibilité d’exercer ces droits. Il faut que chacun puisse exprimer ses talents. Par exemple, on cherche de manière un peu primaire à donner aux hommes et aux femmes dans l’entreprise les mêmes salaires et postes. Mais il faudrait plutôt se questionner sur : Comment faire pour que les hommes et femmes trouvent un poste adapté à la manière dont ils veulent exercer leurs responsabilités ? En acceptant l’existence de la différence.

Ateliers thématiques

Nous avons participé à l’atelier « Comment redynamiser la représentativité du politique ? Quels rôles des nouvelles formes d’expression issues du numériques ? »


"La politique, ça vaut encore le coup ?" par Jean-Christophe Fromentin, Maire de Neuilly-sur-Seine.

Jean-Christophe Fromantin est entré en politique en 2007. En effet, après s'être rendu compte du mande de sens dans la démarche des candidats aux législatives de 2077, il a décidé de se présenter comme candidat. Malgré sa défaite aux législatives (avec cependant un bon score) et ne voulant pas d’un candidat parachuté de l’Elysée aux élections municipales de sa ville, Neuilly-sur-Seine, il se présente à ces élections face à David Martinon. Jean-Christophe Fromentin n'a jamais rêvé d’être maire de Neuilly. Il souhaite seulement aller jusqu’au bout de sa démarche pour changer les choses dans ce bastion de l’UMP. Il agrège des soutiens, un article dans le Monde le donne comme possible vainqueur et un sondage où il investit beaucoup de ses fonds de campagne révèle sa forte notoriété et sa possible victoire. Pour Nicolas Sarkozy, le danger est important d’être mis en minorité dans sa ville. Jean-Christophe Fromentin se retrouve pris dans un psychodrame national ! Tout au long de sa campagne, il se bâtera pour garder sa liberté et donner du sens à son engagement. Ce choix posé, il  découvre la violence réservée à ceux qui prennent le pouvoir sans en demander l’autorisation. On lui dit : « Ce n’est pas votre monde » et lui répond : « Ce n’est pas non plus le vôtre, c’est celui de tout le monde. » Il gagne les municipales. Il devient ensuite conseiller général face à une autre menace de l’UMP qui avait provoqué une élection anticipée pour tenter de faire chuter le nouveau maire.

Pour Jean-Christophe Fromentin la politique ce n’est pas son métier. Son métier est celui d’être chef d’entreprise. Ses garde-fous sont ceux qui lui sont proches (famille, ami) et une équipe très soudée avec laquelle il travaille. Il veut donner du sens en pensant la politique à partir de bonnes ambitions de territoires. Il a donc formé son propre parti politique récemment « Territoires en mouvement » afin de développer les atouts territoriaux qui sont le moteur de notre développement.

Il a écrit un livre sur le sens de l’engagement en politique. Un temps de réflexion, d’écoute, de disponibilité et de pédagogie est nécessaire pour expliquer et contrer la perte de confiance dans les politiques. La confiance se construit sur une vision claire et partagée et une exemplarité comme l’explique Alain Peyrefitte dans La société de confiance où il analyse les grands moments de progrès dans l’histoire de l’humanité. Benoît XVI parle aussi de l’exemplarité dans l’encyclique Caritas in Veritate. Un autre livre intéressant dont il a parlé est La société de défiance écrit par deux économistes qui analysent sur un plan économique l’impact de la confiance sur la croissance. On perd deux points de croissance par la perte de confiance.