Claire de Castelbajac
« Elle a découvert le secret de la joie ! » Qui est cette jeune
fille étudiante à Toulouse en 1968, et dont la cause de canonisation a été
ouverte ? Décédée d’une méningite foudroyante à l’âge de 21 ans, sa joie
de vivre ne cesse de se répandre de puis sa mort, touchant de plus en plus de
monde, bouleversant les cœurs et redonnant espoir. Rencontre et échange avec
Sœur Emmanuelle Desjobert o.cist, la postulatrice qui a constitué le dossier d’enquête
diocésaine, actuellement à l’étude à Rome.
I- Sa vie.
Elle nait en 1953 à Paris et passe son enfance au Maroc.
Elle est la fille de la deuxième femme de son père et la fille unique de sa
mère. Elle est cependant très proche de
ses demi -frères et sœurs mais regrettera toujours de ne pas avoir eu de frères
et sœurs de son âge.
- Son éducation
Elle présente 3 points importants.
- Un très fort désir de la présence de Dieu. Depuis le matin jusqu’au soir elle vit sous le regard de Dieu. Elle prie et parlé à son ange gardien. Elle reçoit complètement de sa mère cette certitude d’être aimée. Elle n’est jamais seule et n’a donc pas peur.
- Un désir de sainteté. Sa mère lui a transmis le seul but de sa vie : être sainte. Elle veut être unie au Seigneur. Déjà à onze ans lors d’une discussion avec son père :
- Vous savez ce que je veux
être plus tard ?
- Oui, je le devine. Tu veux être religieuse.
-Non c’est plus fort que ca.
-Alors je ne devine pas…
-Je veux être sainte, voilà ! C’est plus fort que d’être religieuse,
hein ?
- Un grand esprit de sacrifice, du sens de l’offrande. C’est sa manière d’exercer la charité que de faire plaisir à Jésus. Etre joyeuse en toute circonstance est aussi un sacrifice par moments. C’est aussi par un sacrifice de louange, de reconnaissance qu’elle peut rester dans une attitude de vérité.
Claire a un sens naturel de la beauté et de la présence de Dieu dans la
création. Elle a beaucoup vécu à la campagne à Lorette ce qui lui procurait un
équilibre profond.
Elle rentre en 6ème à Toulouse en pensionnat. La ville et
l’éloignement n’est pas facile. Elle le vit comme un combat pour la charité
chrétienne. Le sourire est le premier acte de charité. A l’adolescence elle
écrit beaucoup de lettre.
-
Vie
à Rome
A 17 ans elle part dans une école de restauration de fresque à Rome ayant réussi le concours d’entrée, après avoir appris l’italien, où seuls 3 étudiants étrangers sont pris. Cette réussite est une grande joie. Cependant, elle se retrouve dans un milieu athée, superficiel. Elle est profondément déstabilisée et perd tout ce qui la faisait tenir en France (famille, nature, amis…). Malgré les assauts des jeunes italiens elle veut garder sa pureté. C’est pourquoi lorsque elle rencontre deux jeunes filles françaises qui lui offre un autre horizon elle s’engouffre entière comme toujours dans cette amitié. Mais elle lâche petit à petit la prière et tombe dans la tiédeur et la facilité tout en espérant convertir ces deux nouvelles amies. Le mal s’immisce petit à petit au travers d’une vie assez débridée sans acte grave cependant. Sa mère ayant eu écho de la vie de sa fille lui écrit lui écrit une lettre qui la fait tomber en pleurs. Elle déchire cette lettre après la lecture mais le lendemain elle recolle les morceaux par obéissance et décide d’essayer de changer.
-
Pèlerinage
en terre sainte et maladie.
Après 6 mois de combat elle pose un acte de volonté et lâche cette vie où elle
n’était pas joyeuse. Elle sait qu’elle est appelée à plus grand que ça. Elle
délaisse la tiédeur pour prendre la responsabilité de sa vie en la
restructurant et en recherchant de nouveaux amis. A cette période elle rentre
en France et retrouve sa piété. Elle part en Terre Sainte avec un groupe de
jeunes étudiants (les prémisses de la communauté de Saint Jean). C’est un
pèlerinage extraordinaire, elle est envahie par la grâce et déclare « je suis convertie ». Lors
de son retour en Italie elle est envoyée à Assise pour la restauration de
fresques avec d’autres étudiants. Elle s’isole chez les bénédictines et vie un
sommet de sa vie spirituelle avec une intensité très forte. Elle découvre
toutes les grâces reçues lors de son pèlerinage de l’été. Elle revient ensuite
à Lorette pour Noël. Elle ne cesse pas de dire qu’elle est heureuse :
« Je suis tellement
heureuse que si je mourrais maintenant, je crois que j’irais au ciel tout
droit, puisque le ciel, c’est la louange de Dieu et j’y suis déjà. »
Le 29 décembre elle demande à sa mère de pouvoir aller à Lourdes. Elle prie
longuement et d’une manière inhabituelle en s’allongeant par terre. Sa mère a
bien l’impression qu’il s’est passé quelque chose mais elle ne pose pas de
question. Le 04/01 elle doit rentrer en Italie. Cependant, elle est malade avec
de la température. Sa mère lui demande d’attendre avant de partir car une
épidémie de grippe sévie dans la région. Les
jours suivants Claire est soignée pour une grippe. Elle dit à sa
mère « Je savais
qu’il allait m’arriver quelque chose mais si ce n’est qu’une grippe alors ca
va ! » Mais la douleur s’accentue, les migraines la font
énormément souffrir. « Prier
pour que j’ai moins mal.» Elle est hospitalisée à Auch pour une méningite
et tombe dans le coma. Dans ses rares
moments de conscience elle remercie ses parents pour leur bonté et l’éducation
qu’ils lui ont donnée. Lors d’un de ses réveils elle veut louer le Seigneur,
« Il faut que je le loue »,
mais elle retombe dans le coma. Elle meurt le 22/01/1975 à Toulouse.
En rentrant chez elle se mère trouve un papier déposé en évidence sur son
bureau où il est écrit « C’est
au poids de la vie » ce qui signifie à peu près et avec toute les précautions que l’on peu
prendre « la vie est quelque chose de magnifique ».
Elle écrit « Je crois que j’ai
été choisie par Dieu pour être la plus heureuse de ma génération. »
Nous sommes choisis par Dieu. Il nous aime chacun plus que les autres. Claire
s’est laissée aimer par le seigneur. L’amour c’est d’abord l’accueil. Le vrai
don c’est ce qui déborde, il faut donc se laisser remplir en accueillant
l’amour et la grâce.
Claire s’est beaucoup posé la question de la vocation. Mais après son
pèlerinage en Terre sainte elle sait que sa réelle vocation est d’être une
sainte pour le reste elle garde une
disponibilité paisible.
II- Ce qui s’est passé après sa mort.
Après sa mort certaines personnes demandent l’intercession
de claire dans leur prière et sont exaucées. Ils demandent à Madame de
Castelbajac s’ils peuvent ouvrir la cause de béatification. Elle refuse mais en
parle à son père spirituel et écrit par obéissance un premier récit de la vie
de claire accompagné de nombreux de ses écrits. Puis encore par obéissance elle
l’envoie à son évêque Mgr Rigaud. Après avoir lu ce livre il veut ouvrir la
cause de béatification.
A l’abbaye de Boulaur une communauté de cistercienne est mourante avec plus que
5 sœurs âgées. L’abbé général lit le livre et en parle aussi à Monseigneur Rigaud.
Il demande alors aux Sœurs de prier Claire pour que par son intercession il y
ait 5 vocations dans l’année qui suit. Aujourd’hui elles sont 32 avec 40 ans de
moyenne d’âge. La cause est ouverte en 1990. En 2000, la communauté de Boulaur
reprend le dossier. En 2008 l’enquête
est clause. Plus de 14000 pages sont écrites car Claire a beaucoup écrit et il
faut prouver la réputation de Sainteté (110 témoins). En juin 2009, la forme de
l’enquête a été validée. Il reste encore l’héroïcité, un miracle pour la
béatification et un autre miracle pour la canonisation… L’héroïcité peut être
vécue soit dans le temps soit dans l’intensité. C’est une vertu vécue de
manière non commune avec courage facilité et joie.
CONCLUSION
La sœur est surtout marquée par sa pureté et sa joie. Elle ne cherche pas
n’importe quelle joie mais la joie de Dieu, lorsque Dieu prend le maximum de
place. Elle avait un très grand amour de la vérité avec un cœur unifié et
cohérent, sûr et solide. Elle replaçait le Seigneur au centre. Est-ce que
j’accueille le bonheur que Dieu me donne? Ou est ce que je le considère comme un du ? Ou
est ce que je ne le vois même pas ? Le bien appelle le bien. Claire avait
un grand sens du beau, elle vivait dans le présent avec un grand sens du devoir
d’état. Un corps habité par la joie devient beau.